
Lorsque Louis-Joseph, 8ème prince de Condé (1736-1818)
fait construire en 1767-1768, une nouvelle salle de spectacles de trois cents
places (disparue à la Révolution), le compositeur François-Joseph
Gossec sera son premier directeur musical.
Connu, surtout comme "le père de la symphonie française",
Joseph François Gossec est né, en 1734, à Vergnies, petit
village alors en France et dans le Hainaut belge actuellement. Il fait ses études
musicales a Anvers où il apprend le violon, le clavecin, l'harmonie et
la composition. En 1751, il arrive à Paris,
où introduit par Jean-Philippe Rameau (1683-1764), devient violoniste
dans l'orchestre du fermier-géneral Le Riche de la Pouplinière.
Ce financier entretenait à ses frais un petit orchestre de quinze musiciens
et à cet ensemble venaient se joindre des virtuoses renommés, parfois
des artistes étrangers. Les premières
symphonies de Gossec furent composées
pour cet orchestre dont il devint le directeur
jusqu'à la mort de La Pouplinière en 1762.
Par suite, de 1768 à 1769, Gossec fut employé par Louis-Joseph
de Bourbon, prince de Condé, à Chantilly et aussi comme "intendant
de la musique" par Louis-François de Bourbon, prince de Conti. Pendant
cette période il compose des oeuvres lyriques et d'opéras comiques.
En 1769, il fonde le Concert des Amateurs, orchestre qui deviendra l'un des meilleurs
d'Europe.
Lorsque la Révolution éclate, le républicain qu'était
Gossec trouve sa place dans le Corps de Musique de la Garde
Nationale. On lui doit la première orchestration de la Marseillese et
son oeuvre "Grande Messe des Morts", composé en 1760, fut adopté par
la Révolution et exécutée le 6 août 1789 en l'honneur
des citoyens morts pendant la prise de la Bastille.
En 1795, à la création du Conservatoire de Musique, il devient
un des inspecteurs.
Après la défaite de Napoléon et le retour des Bourbons,
le Conservatoire fut fermé et Gossec se trouve obligé à prendre
sa retraite. Il meurt à Passy en 1829.
"La dernière Messe des Vivants" (1813), donnée en première
mondiale à Chantilly le 23 avril 1988, sera son oeuvre ultime.